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Expédition Antarctique Française
(1903-1905)
co.mmandep: par le
D-^ Jean CHARCOT
CARTE DES RÉGIONS PARCOURUES ET RELEVÉES
PAR L'EXPÉDITION ANTARCTIQUE FRANÇAISE
Membres de l'État-Major :
Jean Charcot — A. Matha — J. Rey — P. Pléneau — J. Turquet — E. Gourdon
OUVRAGE PUBLIÉ SOUS LES AUSPICES DU MINISTERE DE L INSTRUCTION PUBLIQUE
sous LA DIRECTION DE
I.. JOUBIN, Professeur au Muséum d'Histoire Naturelle
2f>c.C^
EXPEDITION
ANTARCTIQUE FRANÇAISE
(1903-1905)
COMMANDEE PAR LE
D-^ Jean CHARCOT
SCIENCES NATURELLES : DOCUMENTS SCIENTIFIQUES
POISSONS
Léon VAILLANT
Professeur au Muséum d'Histoire naturelle
PARIS
MASSON ET 0% ÉDITEURS
120, Boulevard Saint-Germain, 120
Tous droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays.
Made in .rrance
LISTE DES COLLABORATEURS
Lea mémoirea précédée d'un astéi^isque ont paru.
MM. TitouESSART Mtnnmifèn'x.
Ménégaux Oiseaux.
* Vaillant Poissons.
« Sluiter Tuniciers.
* Vayssièbe Nudibranches.
* JoLBiN Céphalopodes.
* Lamy Gastropodes et Pélécypodes.
* Thiklk A inphineures.
Cari Collemboles.
RouBAUD Diptères.
Trouessakt Acariens.
Bouvier Pycnogonides.
* CouTiÈRE CrustacésSchisopodes et Décapodes.
M'"^ * RicHARDSON Isopodes.
MM. * Chevreux A mphipodes.
* QriDOR .' . . Copépodes.
NoBiLi Ostracodes.
CEhlert Brachiopodes.
Calvet Bryocoaires.
Gravier Polychètes.
Hérubel Géphyriens.
Jàgerskiôld Nématodes libres.
Railliet Nématodes parasites .
Blanchard Cestodes .
GuiABT Trématodes .
JouBiN Némertiens.
H allez Planaires.
Ed. Perbier Crinoïdes.
* Kckhler Stellérides, Ophiures et Echinides.
* Vaney Holothuries .
. Houle Alcyonaires .
Bedot Siphonophores.
* Billard Hydroïdes .
TopSENT Spongiaires.
Turquet Phanérogames.
Cardot Mousses .
Hariot .1 Igues .
Petit Diatomées .
GouBDON Géologie, Minéralogie, Glaciologie.
POISSONS
Par M. LÉON VAILLANT
PROFESSEUR AU MUSliUM d'hISTOIIIE NATURELLE
La connaissance des Poissons de la Région antarctique est de date
relativement récente, ces contrées, d'un accès difficile, où la navigation
est particulièrement pénible et périlleuse, n'ayant été explorées avec
quelques succès qu'au commencement du xi' siècle. L'Expédition de
r « Astrolade ;> et delà « Zélée », sous le commandement de Dumontd'Ur-
ville ( 1 837-1 840), est l'une des premières comme importance scientifique ;
malheureusement, pour le pointqui nous occupe, Hombron etJacquinot,
naturalistes cependant très expérimentés attachés à ce grand voyage,
n'ont rapporté de cette région aucun document concernant l'ichtyologie.
Dans l'Expédition entreprise en quelque sorte au même moment par
James Ross (1839-1843), il n'en a pas été de même, et Richardson a
établi d'une manière si complète les grandes lignes de la faune des
Poissons antarctiques que, dans ce qu'elle a de fondamental, peu y a
été ajouté depuis, dès l'instant que les genres C/iœnichthys, Harpagifer
et par-dessus tout Nutothenia, en constituent encore à l'heure actuelle la
caractéristique.
Au reste, il serait inutile de refaire ici une étude historique, très com-
plètement exposée par M. DoUo dans un ouvrage récent, dont il sera
plus loin question.
11 est toutefois important de définir d'abord, autant que le permettent
nos connaissances, ce que l'on doit regarder comme Région polaire
australe ou Région antarctique. M. le D' Trouessart, qui a introduit la
notion de cette division dans les études zoogéographiques, l'a limitée
arbitrairement à la ligne isotherme aérienne 0°C. Comme il s'agit ici exclu-
Expédilion Chaicot. — Vaillant. — Poissons. 1
45977
2 POISSONS.
sivement d'animaux aquatiques, il est préférable de prendre, dans le
même ordre d'idée, une isotherme basée sur la température maritime,
et l'on s'est arrêté, pour l'hémisphère austral, à celle de 7° C, qui,
passant par le détroit de Magellan, suit à peu près les ST et 52° parallèles
de latitude sud. Cette limite paraît très naturelle et bien en rapport
avec une faune spéciale; mais, pour partager cette Région antarctique
en subdivisions acceptables, les données biologiques positives font
jusqu'ici défaut. On a donc encore invoqué une notion thermique, la
limite d'extension extrême nord de la banquise, qui, à quelques degrés
plus au sud, vers 60° à 62° de latitude environ, est irrégulièrement
concentrique à la limite précédemment indiquée.
En somme, on distinguerait ainsi une Sous-Région subantarctique ou
magellanique comprise entre l'isotherme de 7° et la limite d'extension de
la banquise, et une Sous-Région antarctique proprement dite, comprenant
tout l'espace polaire inclus dans cette dernière.
La Sous-Région subantarctique renferme comme terres : l'archipel de
Magellan, les îles Malouines, Marion, Kerguelen, Campbell, Macqua-
rie, etc. ; la Sous-Région antarctique proprement dite : la Géorgie du Sud,
les Sandwich du Sud, les îles Ronnet, Doughesty, enfin le continent
encore très imparfaitement limité qu'on désigne sous le nom d'Antarctide
avec toutes les îles et îlots qui en dépendent.
Il n'est guère possible aujourd'hui d'aller plus loin, et la proposition
faite par M. Dollo de délimiter la Sous-Région antarctique proprement dite
parle cercle polaire passant environ au 66° de latitude sud ne repose,
de son propre aveu, que sur des considérations purement géodésiques et
par conséquent sans liaisons directes avec les notions biologiques, d'après
lesquelles doivent être établies de semblables divisions. M. Lonnberg a
déjà insisté sur ce point (l)et s'arrête à une limite, placée vers le 61° de
latitude sud, coïncidant avec la ligne isothermique de 0° C. environ.
Cet auteur convient — et l'on ne peut pas ne pas être de son avis — que les
notions océanographiques sur ces contrées sont trop incomplètes pour
qu'on puisse encore fixer une délimitation réellement positive. Il n'est
(I) EiNAR Lomndehg, 1905, The Fishcs of the Swedish South Polar Expcdilion {Siccdiscken Siiclpo-
lar-Expedition, 1901-1903, unter Seitung von Dr. Otto Nordenskjold, Bd. V, Lieferung 6, page 3).
POISSONS. 3
pas douteux d'ailleurs que la température de l'eau ne soit en concordance
avec l'extension de la banquise.
On a aussi introduit une division en quadrants qu'il est nécessaire de
rappeler, bien qu'empruntée également à des considérations de pure
géodosio. Elle partage en effet la région arctique suivant les méridiens
0°, 90° et 180°. Au point de vue biologique, cela est certainement moins
acceptable encore que la délimitation basée sur le cercle polaire, celle-ci
indiquant au moins l'espace soumis au régime du jour et de la nuit de six
mois, c'est-à-dire un phénomène cosmique très susceptible d'influencer
les conditions de la vie. Les quadrants ne peuvent donc être admis, et
même à titre provisoire, que pour grouper géographiquement les points
explorés, sous la réserve expresse qu'ils ne répondent nullement à des
divisions biologiques naturelles.
Les dénominations par lesquelles on les a d'abord désignés : quadrants
américain, africain, australien, pacifique, étaient simplement géogra-
phiques. On leur a substitué plus tard, en suivant le même ordre dans
lequel ils viennent d'être énumérés, les noms de : quadrants de Weddell,
d'Enderby, de Victoria, de Ross. Quelque louable qu'il soit de consacrer
ainsi le souvenir de grands hommes ou de grandes découvertes, ce
changement a un double inconvénient. En premier lieu, il exige un effort
de mémoire difficile, puisque ces noms nouveaux reposent sur une notion
historique, par suite beaucoup moins simple dans le cas actuel que la
notion géographique, d'autant que ces navigateurs ont pour la plupart
visité plusieurs de ces quadrants et y ont fait des découvertes. L'incon-
vénient est d'une évidence telle que M. Dollo, par exemple, dans le
cours de son travail, a le soin de citer d'ordinaire les deux noms à la
suite l'un de l'autre. En second lieu, ces dénominations peuvent, avec
quelque raison, être taxées d'arbitraires, et par exemple le quadrant
Victoria ne mérilerait-t-il pas mieux le nom d'Adélie, ou plus légitime-
ment encore celui de Dumont d'Urville, qui découvrait cette dernière
terre en 1840, tandis que la Terre Victoria n'était reconnue par Ross
qu'en 1841. Les dénominations géographiques premières méritent, sans
aucun doute, d'être conservées, tant qu'on n'aura pas trouvé de division
meilleure que cette division en quadrants, dont l'imperfection ne fait de
4 POISSONS.
doute pour personne. Comme le dit très justement M. Dollo, il est
impossible de prétendre tracer aujourd'hui des provinces biogéogra-
phiques définitives.
L'historique des recherches faites sur l'ichtyologie dans la région
australe a, je l'ai dit plus haut, été exposé par l'auteur que je viens
de citer, avec un soin minutieux, depuis le plus ancien voyage, celui de
Magellan, jusqu'à ceux du « Southern Cross » et du « Belgica », qui nous
conduisent aux premières années du nouveau siècle. On ne peut donc
que renvoyer à ce consciencieux travail pour ce qui concerne ce
sujet.
M, Dollo a établi pour cet exposé une division en rapport avec sa
conception, indiquée plus haut, du partage de la Région antarctique en
Sous-Régions cyclo-polaire et magellanique. Dans le cas particulier,
ceci peut avoir sa raison d'être, jusqu'à un certain point, pour la
comparaison avec les lieux où ont été exécutées les pèches du « Bel-
gica » ; mais la réunion de ces deux chapitres en un seul eût présenté
certains avantages pour la clarté du sujet dans un exposé didactique et
évité quelques répétitions. Quoi qu'il en soit, ce résumé historique doit
fixer l'attention et facilitera beaucoup les travaux ultérieurs sur l'ich-
tyologie de ces contrées.
Les conditions dans lesquelles s'est accompli le voyage du « Belgica »
n'ont permis de faire que des récoltes ichtyologiques peu abondantes.
En premier lieu, dans l'archipel de Magellan, on a pris 21 individus
représentant 7 espèces réparties en 6 genres, appartenant à 5 familles.
Aucun type nouveau n'est signalé, c'est une simple confirmation de ce qui
nous était connu dans ces localités.
Pour la Région cyclo-polaire de M. Dollo, les captures sont encore
moins nombreuses : 8 individus, ou plutôt 8 objets ichtyologiques,
recueillis; mais ils représenteraient 5 espèces nouvelles, réparties en
autant de genres, dont 3 nouveaux appartenant à la famille des Notu-
theniidx^ caractéristique de la région. Ce sont :
(1) Lduis Dollo, 1904, Résultats du Voyage du « S. Y. Relgica » en 1897-1898-1899, sous le com-
mandement de A. de Gerlache de Goiiieiy. Zoologie, Poissons, p. 5.
POISSONS. 5
Famille Nototheniid.e. Espèce Crijodrara nntarcticus n. g. etsp., 1 individu.
— — — Gerlachca nuslra/is n. g. et sp., 1 individu.
— — — Racovilsain f/lacialis n. g-, et sp., i individu.
— MAcnuniD.K. — Nematonurus Lecoinlei n. s).,2mdWàus.
— Rajid.e. — /?ay« -Irc^oHis/cà' n. sp., 3 coques d'œufs.
Pour la [)remière de ces espèces, il est difficile d'admettre que le genre
Cjjodnico soit réellement distinct du genre Pagetodes de Richardson, que
M. Dollo cite, avec doute il est vrai, dans la synonymie. Certainement le
genre de l'ichtyologiste anglais n'est qu'imparfaitement connu par un
dessin qu'on n'a pu pousser aussi loin qu'il eût été désirable, l'exem-
plaire, par accident, ayant été perdu. Toutefois, en comparant la figure
donnée par M. Richardson, figure reproduite par M. Dollo (I), avec colle
donnée par celui-ci de son Cnjodraco antarcticus (2), les rapports sont
frappants, en ayant égard à la forme générale, à celle de la tète, aux.
accidents de l'opercule, à la forme de l'uroplère, à la longueur des ven-
trales et à leur position, à la distribution des teintes. Sans doute la hauteur
des nageoires dorsale et anale n'est pas assez grande ; la prolongation de
la première en avant est exagérée, au moins a-t-on admis à tort la con-
tinuité de la première et de la seconde dorsales. Quoi qu'il en soit, les
caractères génériques principaux parlent en faveur d'une identification,
qui simplifierait d'autant la nomenclature.
Une seconde remarque est relative à l'admission du Raja Aixkiowskii.
Cette espèce n'est pas en efl'et fondée sur l'étude d'individus, mais sur
trois coques cornées, lesquelles incontestablement indiquent, sur le point
où elles ont été trouvées, la présence de Poissons du genre Ftaja^ ou
d'un type voisin, mais qui ne peuvent servir à caractériser une espèce.
Dans l'état actuel de la science, la forme de ces coques d'œufs d'Elas-
mobranches, dont M. Dollo donne un tableau avec figures très com-
plet (3), permet dans bien des cas de les rapportera un genre déterminé,
quoique, parfois, Ginglymostoma^ Chiloscijtliiim, Stegostoma^ par exemple,
la chose devienne difficile ou même impossible. C'est aussi exception-
nellement que, dans les collections, ces coques, qui y sont cependant
(1) DoLi.0, rJ04, p. 8, lif:. 1.
(2) Spécialement si on consulte la figure 1 do la planche III, où l'animal est représenté de gran-
ilfiir naturelle. La jilanche I le figure grossi du double, ce qui rend la similitude moins évidente.
(3) UoLi.o, 1904, l'I. IX.
6 POISSONS.
très abondantes, portent des déterminations spécifiques certaines, et, par
exemple, pour les Raies de nos côtes, combien en connaissons-nous dont
les œufs soient convenablement déterminés et puissent servir à recon-
naître les espèces? Dans le cas spécial qui nous occupe, peut-on affir-
mer que ces coques n'ont pas été déposées par une Raie déjà connue ?
On en signale de la Région magellanique deux, plus un Psmnmohatis,
genre très voisin qui pourrait bien produire de semblables coques. Sans
doute M. DoUo fait observer que la distance qui sépare le point où ont
été pêchées ces coques des côtes où se rencontrent ces Rajidœ est au
moins de 14° de latitude, avec de grandes profondeurs intermédiaires,
qu'ils ont été pris par 500 mètres de fond : ce sont là certainement des
présomptions, mais ce ne sont que des présomptions. D'autre part, ad-
mettons que de cettelocalité visitée par le « Belgica», où d'une localitéplus
ou moins voisine, on ramène une Raie d'espèce nouvelle, devra-t-on lui
appliquer de prime abord ce nom de Raja Arciowskii? Si on découvre,
d'autre part, plusieurs espèces dans les mêmes conditions, laquelle
choisir ? L'auteur veut éviter par ce nom spécifique une périphrase
gênante pour les citations, la dénomination « Raja sp. du Belgica » ne
paraîtrait pas beaucoup plus embarrassante et aurait l'avantage de ne pas
introduire dans la nomenclature un nom spécifique inutile, puisqu'il se
rapporte à un type indéterminé.
Quoi qu'il en soit de ces remarques sur des points très secondaires, si
le Nematonurns Lecointei ne fait connaître qu'une espèce nouvelle d'un
genre déjà établi, les trois Nototheniidde sont des plus intéressants, aussi
bien en fixant d'une manière définitive les caractères du genre Pogetodes
= Cryodraco qu'en établissant les genres Gerlachea et Racovitzaia, ce
dernier si remarquable parla présence de sa poche incubatrice ventrale;
tous ajoutent à nos connaissances sur la famille, avec ces descriptions
de types jusqu'ici mal connus ou inconnus, qui présentent des affinités
curieuses avec l'ancien genre Chœnichthys de Richardson.
M. Dollo entre dans de longs développements sur ce qu'il appelle la
bionomie des différents groupes et cherche à en faire ressortir des consi-
dérations générales en faveur de l'hypothèse transformiste. Il peut pa-
raître prématuré, sur des matériaux aussi peu nombreux et à propos de
POISSONS. 7
régions où règne encore une si grande obscurité en ce qui concerne la
faune ichlyologique el les conditions océanographiques, de tenter de
semblables généralisations.
Ce qui rendra toutefois l'ouvrage de M, DoUo des plus précieux pour
les études ultérieures, c'est, en dehors des découvertes nouvelles, la quan-
tité des renseignements bibliographiques qu'il contient : aucun n'a été
négligé. Ajoutons qu'on y trouve des tableaux récapitulatifs des espèces
avec leurs distributions géographiques, d'excellentes planches et des
cartes, dont une surtout, indiquant les différentes localités de la Région
antarctique où, jusqu'en 1899, ont été trouvés des Poissons (1), est parti-
culièrement intéressante ; sans doute la forme aphoristique qu'affectionne
l'auteur rend parfois la lecture du texte quelque peu pénible, mais
l'ensemble n'en constitue pas moins un travail d'une haute valeur.
Une publication postérieure à la précédente, celle de M. Einar
Lônnberg, sur les Poissons de l'Expédition suédoise au pôle Sud, n'est pas
moins importante pour fixer nos idées sur la faune ichtyologique
de ces contrées australes. L'auteur s'est spécialement attaché à faire
connaître pour chaque localité les espèces qui y ont été recueillies, et
elles sont nombreuses.
En premier lieu, des recherches ont été faites à la Terre de Feu et à
l'île des États, puis aux îles Falkland, au banc Burdwood, enfin à la Géorgie
du Sud, que l'auteur réunit avec les localités précédentes dans la Sous-
Région magellanique. Quoique ces points aient été sans doute plus explo-
rés, M. Lônnberg y signale un nombre relativement important d'espèces
non connues, dont une constitue un genre nouveau :
Famille Discobolid.e, Espèce Careproctus georgianus n. sp. (Géorgie du Sud).
— Traghinid-e. — Nololhenia Kcrlandreœ, n. sp. (Terre de Feu).
— — — — dubin n. sp. (Géorgie du Sud).
— — — — brevipes n. sp. (Iles Falkland).
— — — — brevicauda n. sj). (Terre de Feu).
— — — — Larseni n. sp. (Géorgie du Sud).
— — — — gibberifrons n. sp. (Géorgie du Sud).
— — — Champsocep/talus Gunnari n. sp. (Géorgie du Sud).
— — — Arledidraco mirus n. g. et sp. (Géorgie du Sud).
(I)DOLLO, 1904, l'I. 11.
8 POISSONS.
On a d'ailleurs, en outre de ces 9 poissons, rapporté 23 espèces
déjà décrites, dont plusieurs sont regardées comme méritant d'être dis-
tinguées à titre de sous-espèces ou de variétés.
Famille Gadid.*:. Espèce Miirœnolcpis marmoratus Giinthcr : subsp. inicrops.
(Terre de Feu et Géorgie du Sud).
— Lycodid^. — Iluocœtes fimbrintiis Jenyns : subsp. fasciatus (Terre de
Feu, îles Falkland).
— TRACHiNiDiE. — Notothenia 7nis:ops Gunther : var. nudifrons (Géorgie
du Sud).
~ — — Notothenia macrocephala Gunther : subsp. marmorata
(Géorgie du Sud).
— — — Trematomus Ilansoni Boulenger : subsp. geo^gianus
(Géorgie du Sud).
— — — Trematomus Bernacchii Boulenger : subsp. vicarius
(Géorgie du Sud).
L'Expédition a pénétré également et hiverné dans la Sous-Région
antarctique proprement dite. Des pèches ont été faites vers le 63° de
latitude sud dans le détroit de Bransfield, qui sépare les îles Shetland
du sud de l'extrémité nord-ouest de l'Antarctide (Terres Louis-Philippe et
Palmer) ; à l'est de ce même continent : à l'île Paulet, 63° latitude sud,
55-50' longitude ouest; à l'île Seymour, 64° latitude sud, 56° 40' longitude
ouest; à Snow Hill, 64° 40' latitude sud, 57° longitude ouest. Le nombre
des spécimens et des espèces est moindre, d'autant que la plus grande
partie de ces collections, celles en particulier recueillies dans le détroit
de Bransfield, ont été perdues avec le navire 1' « Antarctic ».
Les individus, au nombre de 23, qu'on a pu étudier, tous appartenant
à une même famille, comprennent 7 espèces, réparties en 5 genres, si
l'on distingue des Notothenia les Trematomus :
Famille Trachinid^. Espèce Notothenia Nicolai Boulenger (Ile Seymour).
— — — Notothenia mizops Gunther, var. nudifrons (Gap Sey-
mour, Snow Hill).
— — — Notothenia LarsenilubnnbGTg l^now {\).
— — — Trematomus Neicnesi Boulenger (Ile Paulet).
— — — Chuniichthys rhinoceratus Richardson : subsp. hainalus
(Snow Hill).
— — — Artcdidraco Skottsbergi Lônnl)erg (Snow Hill).
— — — Pleuragramma antarcticum Boulenger (Terre Jason).
Sauf ce dernier Poisson, trouvé dans l'estomac d'une espèce de Phoque
[Leptonychotes Weddelli), les autres ont été péchés à la ligne.
POISSONS. 9
On doit ('yalcMiiont signalor les chapitres où M. Loniibei-t; a réuni
ses observations sur l'appareil digestif et sur la reproduction chez les
NoTOTlIENlIDyE.
Le premier a été examiné sur les Trematomus^ les Notolhenia^ les
('hnmpsocephfilus deux figures le t'ont connaître chez le Trematomus
Hrmsoni snhs[). georgianns et le Champsoceplialns Gimnari. La conclusion
de cette étude serait que les Notoikenia sont essentiellement carnivores,
l't, si l'on rencontre parfois dans leur tube digestif des fragments
d'algues ou d'autres végétaux marins, il faut voir là un fait purement acci-
dentel ; l'argument principal de l'auteur, — et l'on ne |)eul en contester
la justesse, — est que ces débris sont également non digérés, qu'on les
prenne dans l'estomac ou dans les parties les plus reculées de l'intestin.
Quant à la reproduction, c'est en examinanll'état de maturité des nnifs
dans des individus appartenant à différentes espèces que M. Lônnberg
est arrivé à établir le moment probable de la ponte. Il y a toutefois une
distinction à établir dans la valeur des observations, qui, naturellement,
n'ont pu être faites que pendant la saison de l'hivernage, c'est-à-dire pen-
dant les mois d'avril et mai (fin de l'automne austral), juin, juillet et
août (hiver austral). Tantôt on a trouvé les femelles avec des œufs très
développés, prêts évidemment à être pondus, on a là une observation
de valeur positive; d'autres fois, c'est au contraire en constatant la
présence d'ovaires à œufs très peu développés, d'où l'on induit que la
ponte doit avoir lieu dans une autre saison; l'observation ne fournit plus
ici une indication aussi précise. L'auteur, d'ailleurs, donne pour chaque
Poisson les renseignements les plus détaillés, et l'on peut, d'après
ces données s'appliquaut à onze espèces, admettre que la ponte aurait
lieu de la manière suivante pendant les saisons de cet hémisphère austral,
au printemps (24 septembre au 22 décembre, dates prises pour 1902) :
Nenstoma macrocepJiala subsp. marmorata, Trematomus Hansoni subsp.
georgianns, Artoilidraco mirus — en été (22 décembre au 21 mars):
Notothenia coriiceps,N.brevipefi, i.gibherifroi}s — en automne (21 mars
au 22 juin) : Notothenia mizops var. ?indifrons, N. Larseni, Champsoce-
pJialus Gunn(iri — en hiver (22 juin au 24 septembre) : Nototlienin sirna,
N. })revipes.
Ej-pcdiliun Cliarcol. — Vaillant. — l'oissons. 2
10 POISSONS.
La grosseur des œufs, dans certaines ospècos, le CliampfionephalHS
Giomari, V Artedidraco mirus, par exemple, indique assez, suivant
l'auteur, qu'ils sont démersaux; mais il doit en être de môme pour les
œufs des diverses espèces de Nototheiiia, pondus en automne et en hiver,
d'après les déductions ingénieuses de l'auteur, auquel je ne puis que
renvoyer.
Ces remarques anatomo-physiologiques, basées sur d<'s faits positifs
d'observation, malgré les réserves de M. Lônnberg, (jui reconnaît lui-
même qu'elles sont encore trop peu nombreuses et n'ont pu être pour-
suivies pendant assez longtemps, ne nous en fournissent pas moins
des données intéressantes pour servir de l)ase à l'étude éthiologique
des Poissons antarctiques.
Les recherches ichtyologiques à bord du « Français » ont été spé-
cialement faites à l'île Booth Wandel, c'est-à-dire à la baie Charcot,
lieu de l'hivernage, vers 65° de latitude sud et 64° de longitude ouest;
puis à l'île Wincke, située plus au nord, et à l'île Hovgaard, un peu au
sud-est de l'île Booth Wandel. Des Poissons ont également été pris plus
au sud, à la terre de Graham, par 66° 30' de latitude sud et à peu près
68° de longitude ouest. Toutes ces localités peuvent être considérées comme
dépendant de l'Antarctide et se trouvent dans la région antarctique
proprement dite, étant de plus situées dans le quadrant américain.
Les récoltes ont eu lieu du mois de mars 1904 au mois de février 1905.
D'après le catalogue remis par M. Turquet, chargé spécialement des
études zoologiques, catalogue dans lequel se trouvent cinquante-trois
numéros correspondant à autant de bocaux ou d'individus préparés en
peau, on peut, jusqu'à un certain point, juger de l'importance des
captures pour chaque station à chaque jour :
Ile Booth Wandel : Mars: 5 (1 nuni.).
— Avril : 5 (1 num.), 8 (1 num.), 15 (2num.), 19 (13 luiin.).
— Mai : 3 (2 num.), 27 (1 num.).
— Juin : 4 (2 num.).
— Juillet : 18 (3 num.), 28 (1 num.).
— Octobre : 10 (3 num.), 20 (1 num.), 28 (1 num.), 29 {?, num.).
— Novembre : 8 (1 num.).
— Décembre : 13 (1 num.), 14 (1 num.).
POISSONS. l'
Ile llovgaurd. Octobre : 29 (1 inini.).
Ile Wincke. Décembre : 27 (1 num.', 29 (2 mim .
— Janvier : 5 (9 num.).
— Février : G (1 num.).
Terre de Urahani. Janvier : 12 (1 num.).
Les Poissons collectionnés sont relativement nombreux : 125 individus
environ, résultat d'autant plus satisfaisant ([ue les enf:;ins dont on a pu
faire emploi n'étaient ni aussi parfaits, ni aussi variés qu'il eût clé
désirable, car, en dehors de quelques spécimens pris sur la plaide ou dans
la banquise, c'est à la liync surtout, puis au chalut et au tramail, que
les captures ont été faites, sans qu'on ait pu aller au delà de 40 mètres
de profondeur.
Les espèces, comme depuis longtemps la remarque en a été faite, sont
peu nombreuses; en revanche et pour quelques-unes d'entre elles, en
particulier dans le genre Nototheuia^ l'abondance des individus est
extrême. En somme, dans un sens absolu, les Poissons paraissent très
abondants, malgré la rigueur du climat, et, à plusieurs reprises, les
explorateurs ont observé des bancs de Poissons morts en (juantité pro-
digieuse passant à la dérive le long des flancs du navire.
Une autre remarque qui n'cstpas spéciale à l'Expéditondu «Français»,
— (';ir presque tous les naturalistes qui ont eu l'occasion d'étudier des
Poissons venant de ces régions s'en sont plaints, et moi-même autre-
fois (1), — c'est l'état de conservation généralement très médiocre ou
môme mauvais des exemplaires, par suite indéterminables et ne pouvant
être conservés.
Dans la collection actuelle, la chose s'explique dans un certain nombre
de cas par des circonstances particulières. Ainsi plusieurs individus ont
été retirés de l'estomac de Phoques; un dé ces Mammifères entre autres,
d'après les notes de M. Turquet, n'en avait pas englouti moins d'une
soixantaine. Une autre fois, c'est dans le nid d'un Cormoran qu'on
rencontra des Poissons. Enfin de l'estomac d'un grand Notolhenut coru-
cejts deux furent retirés. Le plus habituellement, ce sont des animaux
du genre Nototlienio là où le nombre des proies était si considérable, il
(1) Léon Vaillant, 1801. — ilission scicnlifquc du cap Ilorn, 1882-188+, (.l, l'" parlic, ('., p. 1 0
noie.
12 POISSONS.
s'y trouvait mélangés quelques Chivuichthys E,sox. On comprend que
les animaux aient été alors altérés par l'action des sucs digestifs.
D'autres fois, cette raison ne peut être invoquée, et cependant des indi-
vidus recueillis soit sur la plage [Notothe^iia coiiiceps, Coll. Mus. 0(3-106,
107), soit à la ligne de fond [Dissostichus eleijinoides, Coll. Mus. 06-1 iO
à 143), quoique paraissant au premier abord en très bon état, se mon-
trent, après examen, altérés au point que la peau dans toute son épais-
seur se détache au moindre contact, laissant à nu les tissus sous-jacents.
D'après les détails obligeamment fournis par M. Turquet, les exem-
plaires, souvent congelés par des températures très basses, étaient d'abord
plongés de suite dans un alcool approximativement à 40° centésimaux,
puis conservés dans une nouvelle liqueur à 60°. N'ont-ils pas, dans ces
circonstances, été soumis à une dé^oagélation trop rapide, favorisée
peut-être par la chaleur produite au moment du mélange de l'alcool avec
l'eau que ces exemplaires pouvaient contenir? Il ne serait pas sans
intérêt de contrôler par l'expérience cette explication hypothétique pour
éclairer sur ce point les explorateurs futurs des régions glaciales.
Quoi qu'il en soit, le nombre des espèces recueillies par l'Expédition
du « Français » serait de 14, réparties en 6 genres, tous appartenant
à la famille des Trachinid^, comprise avec l'extension que lui donne
M. Gùnther.
Elles sont énumérées dans le tableau suivant :
TRACIIINID/E.
Genre Nototiienia RichanJsoii.
1. A'otolhenia sima Richardson.
2. — coriiceps Richardson.
;i. — cyaw'obrancha Richardson.
4. — elegans Gùnther.
5. — inisops Gilnther.
G. — acuta Giiiilher.
7. — (jibberLfrons Lonnberg'.
8. — microlepidola Hutlon.
Genre Dissostichus Smitt.
9. Dissostichus eleginoidcs Smitt.
POISSONS. 13
Genre CH.f:NiciiTHYs Ri("hardson
10. C/uunic/i/i/s C/iarcoti n. sp.
11. — Esux Giiiitlier.
Genre Harpagifer Richardson.
1-'. //iirjiagifer ùispinis Porster.
Genre Artedidraco Lùnnberg-.
i.j. Artedidraco Skoltsbergi Lonnberg-.
Genre Pleuragramma Bouleng-er.
li. l' le ur(i
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